Une influenceuse virtuelle générée par IA pour financer ses études

Cette semaine avec Thomas, on vous parle de 4 sujets qui nous ont marqué cette semaine :

L’intelligence artificielle repousse les limites de la création de contenu et de la désinformation. Pour payer ses études de médecine, un jeune Indien de 22 ans a créé de toutes pièces une fausse influenceuse nommée Emily Hart, conçue comme une jeune infirmière ultra-conservatrice. Conseillé par l’IA Gemini, qui lui a affirmé que l’audience pro-Trump américaine était une cible très lucrative, il a généré des photos suggestives avec l’outil Grok d’Elon Musk. En assumant des discours politiques radicaux, son avatar a cumulé des millions de vues et lui a rapporté plusieurs milliers de dollars en quelques jours sur Fanvue, une alternative à OnlyFans qui autorise les contenus artificiels.

La manipulation en ligne a aussi des répercussions concrètes grâce aux plateformes de paris comme Polymarket. Un individu est allé jusqu’à chauffer une station météo de l’aéroport de Roissy avec un sèche-cheveux pour fausser les résultats d’un pari en ligne sur les températures parisiennes. Ces « marchés prédictifs », où des millions d’euros sont misés sur l’actualité, incitent désormais certains utilisateurs à altérer la réalité pour gagner de l’argent.

Dans le monde du travail, Meta opère un virage technologique particulièrement agressif. L’entreprise a installé un logiciel espion sur les ordinateurs de ses salariés américains pour enregistrer toutes leurs frappes au clavier et leurs clics. L’objectif est d’entraîner ses futurs agents IA à reproduire des tâches de bureau complexes, ce qui a d’ailleurs servi de justification au licenciement de 8 000 personnes afin de financer cette transition automatisée.

Enfin, ces mutations numériques interrogent la notion de mémoire. À l’ère d’internet, les réseaux sociaux se positionnent de plus en plus comme les propriétaires exclusifs de nos souvenirs. Alors que certaines plateformes suppriment les vieilles publications inactives ou rendent l’accès aux archives photos payant (comme l’abonnement de Snapchat), nous devenons de simples locataires de notre propre postérité, à la merci des modèles économiques des géants du web.

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