On ne présente plus Le Gorafi. Mais cette annnée, alors que tous les médias abandonnent le papier pour le web, Le Gorafi fait l’inverse : il sort un vrai journal en papier, en kiosque, tous les mois. On a reçu Sébastien Liébus, le co-fondateur, pour comprendre comment on fait rire sur Internet quand la réalité est devenue absurde. Comment les algorithmes invisibilisent la satire. Ce que l’IA ne saura jamais faire. Et pourquoi revenir au papier est peut-être la décision la plus punk qu’un média puisse prendre en 2026 ? Et promis on ne dit pas « on dirait pas du GORAFI ???? »
Nous on ne sait pas faire de photos de nos plats, donc on a invité le créateur de contenus food Alexis qui a plus d’1,7 millions d’abonnés avec Le Paris d’Alexis pour nous parler de ce qui a changé dans les restaurants depuis l’arrivée d’Instagram !
On y apprend comment faire des vidéos, comment il monte, comment les restos s’adaptent et comment UNE VIDEO peut sauver un resto dans la galère.
Cette semaine avec Thomas, on vous parle de 4 sujets qui nous ont marqué cette semaine :
L’intelligence artificielle repousse les limites de la création de contenu et de la désinformation. Pour payer ses études de médecine, un jeune Indien de 22 ans a créé de toutes pièces une fausse influenceuse nommée Emily Hart, conçue comme une jeune infirmière ultra-conservatrice. Conseillé par l’IA Gemini, qui lui a affirmé que l’audience pro-Trump américaine était une cible très lucrative, il a généré des photos suggestives avec l’outil Grok d’Elon Musk. En assumant des discours politiques radicaux, son avatar a cumulé des millions de vues et lui a rapporté plusieurs milliers de dollars en quelques jours sur Fanvue, une alternative à OnlyFans qui autorise les contenus artificiels.
La manipulation en ligne a aussi des répercussions concrètes grâce aux plateformes de paris comme Polymarket. Un individu est allé jusqu’à chauffer une station météo de l’aéroport de Roissy avec un sèche-cheveux pour fausser les résultats d’un pari en ligne sur les températures parisiennes. Ces « marchés prédictifs », où des millions d’euros sont misés sur l’actualité, incitent désormais certains utilisateurs à altérer la réalité pour gagner de l’argent.
Dans le monde du travail, Meta opère un virage technologique particulièrement agressif. L’entreprise a installé un logiciel espion sur les ordinateurs de ses salariés américains pour enregistrer toutes leurs frappes au clavier et leurs clics. L’objectif est d’entraîner ses futurs agents IA à reproduire des tâches de bureau complexes, ce qui a d’ailleurs servi de justification au licenciement de 8 000 personnes afin de financer cette transition automatisée.
Enfin, ces mutations numériques interrogent la notion de mémoire. À l’ère d’internet, les réseaux sociaux se positionnent de plus en plus comme les propriétaires exclusifs de nos souvenirs. Alors que certaines plateformes suppriment les vieilles publications inactives ou rendent l’accès aux archives photos payant (comme l’abonnement de Snapchat), nous devenons de simples locataires de notre propre postérité, à la merci des modèles économiques des géants du web.
Meta lance une offensive majeure pour attirer les influenceurs avec son programme « Creator Fast Track ». Plutôt qu’une monétisation liée aux vues, Facebook offre désormais un salaire fixe. Les créateurs comptant 100 000 abonnés sur TikTok, Instagram ou YouTube peuvent toucher 1 000 $ par mois, et ceux dépassant le million atteignent 3 000 $ mensuels. La contrepartie exigée ? Publier 15 Reels en 30 jours, avec la permission de recycler d’anciennes vidéos. Le but de Meta est de s’imposer dans une économie des créateurs qui devrait peser 500 milliards de dollars d’ici 2027.
Cette suprématie des influenceurs bouscule également d’autres plateformes. Lors des récents Spotify Podcast Awards, les créateurs indépendants ont largement dominé les médias traditionnels. Spotify confirme ainsi son ambition de s’éloigner du format audio pur pour devenir une plateforme massive centrée sur les créateurs et la vidéo.
Du côté de l’intelligence artificielle, OpenAI a discrètement racheté le podcast tech américain TBPN. Écouté par 70 000 décideurs de la Silicon Valley, ce média très influent devient pour OpenAI un puissant outil de lobbying et d’influence éditoriale, rappelant les grands industriels rachetant la presse traditionnelle.
Enfin, Internet crée ses propres mythologies. Des phénomènes participatifs et presque libres de droits, comme la légende urbaine des Backrooms ou les étranges mèmes Brainrot sur Roblox, sont désormais adaptés en films par des studios reconnus comme A24. Ces créations chaotiques, de plus en plus propulsées par l’IA, sont en train de façonner le nouveau socle culturel des jeunes générations.
Laurent Moreau et Benoît Parizot ont créé Topito en 2006. Bien avant Facebook, avant les algos, avant les créateurs de contenu. Ils ont vécu de l’intérieur toutes les mutations des réseaux sociaux. On leur a tout demandé : ce qu’ils referaient, comment tenir ce qu’ils regrettent, et pourquoi on était locataires de notre trafic sans le savoir. Et s’il n’y pas trop de podcast, par hasard. Un épisode entre bilan, lucidité et raclette.
Est-ce qu’Instagram a vraiment changé notre façon de voyager ? Pour ce tout premier épisode de notre podcast Platformed, on reçoit la créatrice et historienne Manon Bril ! On décrypte les coulisses de son documentaire sur Bali, mais on parle aussi de ses pires histoires sur Airbnb, de l’anonymat en ligne, et du « vieux web » de notre adolescence.